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Mettez du capital-risque dans votre patrimoine

Le capital-risque est une nouvelle classe d’actifs qui apporte du sens, de la performance et de la transparence dans un patrimoine géré de façon active. Ce qu’aucun autre support ne peut rassembler.

La gestion classique d’un portefeuille patrimonial est construite autour de trois actifs incontournables : l’immobilier (pour la sécurité), la bourse (pour la plus-value), et l’assurance-vie (pour la transmission). Force est de constater aujourd’hui que le contexte invalide ces objectifs :

  • L’immobilier est en haut de cycle (on prévoit couramment une baisse de l’ordre de 15 % des prix dans les 18 mois qui viennent), sa rentabilité locative réelle est souvent devenue négative, et la modification récente du régime fiscal des plus-values lui est particulièrement défavorable. Mais il est vrai qu’il “restera toujours les murs”.
  • La bourse est devenue un “casino pour logiciels”, plus de la moitié des ordres émanant de robots à haute fréquence qui écrêtent en permanence la performance. Et l’argument de la liquidité est souvent une utopie sauf à admettre des prises de pertes irrécupérables.
  • L’assurance-vie a vu ses rendements moyens passer de 8 à 4 % en moins de 10 ans dans une inflation quasi stable ; c’est par ailleurs la poche d’épargne dont le volume et la visibilité ne vont pas manquer d’attirer les foudres fiscales d’un état impécunieux en mal de refinancement.

Il y a bien l’art ou les forêts, qui concilient plaisir et exonération d’ISF, mais sont pour le moins aléatoires en termes de rentabilité et de liquidité. Il y a l’or (refuge ultime de la peur). Il y a aussi les placements monétaires (aux rendements devenus risibles).

Et puis, il y a cet actif ignoré de la plupart des conseillers en gestion de patrimoine, absent des offres de gestion privée, pourtant seul capable d’apporter du sens, de la performance et de la transparence, trois exigences plus d’actualité que jamais. Je veux parler du capital-risque, qui permet de participer à la croissance d’entreprises à fort potentiel :

  • Du sens : dans la période actuelle en mal de repères, chacun veut donner du sens à son action, être capable de lire un résultat derrière une conviction. Investir sur un titre du CAC 40 ou une OPCVM de sa banque donne droit à de belles plaquettes, mais avec ou sans vous les choses se seraient passées de la même façon. À l’inverse, dans le capital-risque, votre investissement vous donne accès à une histoire dont vous êtes coauteur, à des sensations fortes que vous n’êtes que quelques-uns à partager.
  • De la performance : dans capital-risque, il y a le mot risque, il faut l’accepter (le plus souvent il est d’ailleurs plus facile à mesurer dans ces aventures entrepreneuriales que sur de grandes sociétés dont on ne maîtrise rien). Mais sans risque pas de performance possible, c’est un des fondements oubliés du capitalisme. Et dans le capital-risque, cette performance peut atteindre des sommets, des multiples extrêmement élevés de la mise de départ, ce qui n’est le cas nulle part ailleurs.
  • De la transparence : le circuit avec l’entrepreneur est très court, le contact est direct, on peut savoir ce qui va et ce qui ne va pas, on peut participer à des prises de décision, peser sur une stratégie, apporter des compétences, et surtout comprendre la performance, ce qui fait qu’il y a création de richesse. Cette transparence devient non pas un droit, mais une exigence dans une société qui triche beaucoup.

Bien sûr l’accès à cette classe d’actif nécessite un appui sur des professionnels fiables si on ne veut pas gérer en direct la relation avec les entrepreneurs. Il est d’ailleurs hautement souhaitable de mutualiser ses risques en investissant dans des véhicules collectifs, qu’il s’agisse de holdings de Business Angels ou de fonds d’investissement dédiés au capital-risque. On voit depuis deux ans apparaître ce type d’offre : c’est le signe d’un basculement.

Et dans une période de transition politique, le capital-risque porte à lui seul tous les enjeux occultés par des débats pathétiques auxquels nous avons assisté :

  • La croissance par l’innovation, seule voie de sortie de crise possible,
  • La réconciliation entre science et économie, pour éviter que le protocole internet, le micro-ordinateur, l’écran LCD, le lecteur MP3, le format DivX, toutes des inventions françaises, ne soient exclusivement valorisées par des investisseurs américains ou asiatiques,
  • L’argent “utile”, injecté dans le progrès collectif, par opposition à l’argent “fou”, qui ne joue que pour lui-même,
  • La réhabilitation du risque, seul capable de remettre en marche un pays devenu le plus lent et le plus pessimiste du monde.

Enfin, ultime argument (ultime parce qu’il doit le rester dans l’ordre des motivations), les avantages fiscaux sont encore en France très stimulants sur ce segment d’actifs, qu’il s’agisse des dispositifs Madelin sur l’IR ou TEPA sur l’ISF pour l’investisseur, Crédit Impôt Recherche ou JEI pour l’entrepreneur.

Le capital-risque doit faire partie d’un patrimoine équilibré, parce qu’aucun équilibre ne peut exister sans risque.