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Capital-risque 2012 : 484 M€ investis

Les jeunes pousses françaises ont réuni 484 M€ en venture en 277 tours de table. La montée en puissance des corporate et des fonds régionaux, ainsi que le poids grandissant des réinvestissements ont garanti la stabilité des montants investis.

icone_graphique_baisse_articleLes investissements en capital-risque se maintiennent en France en 2012. En tout cas sur le nouveau périmètre retenu par CFnews portant uniquement sur les sociétés françaises investies par des VCs (français ou étrangers), sans prendre en compte désormais les opérations d’investisseurs hexagonaux à l’étranger. La baisse dans ce segment n’apparait que de 0,7 % en valeur à 483,8 M€ et de 2,5 % en volume à 277 opérations. Pour rappel, les tours de capital-risque portent sur des jeunes entreprises n’ayant pas encore ou tout juste atteint l’équilibre financier.

Recul des fonds fiscaux…

CHAUSSONFINANCE_sfillias_smallCette stabilité apparente cache sans doute des évolutions dans les profils des investisseurs. Les gérants de FIP/FCPI dont les levées ont reculé d’une quinzaine de pour-cents tant en ISF qu’en impôt sur le revenu (lire ci-dessous), semblent moins actifs. “La baisse des investissements est assez corrélée à celle des collectes des fonds fiscaux. Et du côté des FCPR, s’il y a eut quelques bonnes nouvelles, chez Ventech et 360 par exemple, elles sont intervenues en fin d’année”, rappelle Sabine Fillias (photo ci-contre), associée chez Chausson Finance, dont le baromètre semestriel porte sur les opérations des VCs français dans les entreprises françaises et européennes des nouvelles technologies, en capital-risque et capital-développement.

… mais essor des fonds régionaux

canopee_egaude_small“Dans notre fourchette d’investissement habituelle, de 300 K€ à 1 M€, nous constatons une concurrence moindre des autres fonds ISF, confirme Emmanuel Gaudé (photo ci-contre), associé chez Starquest Capital, un investisseur particulièrement actif avec près d’une trentaine d’opérations en 2012. Mais ces acteurs sont en partie remplacés par des fonds régionaux, tels que Go Capital et Soridec”. Des investisseurs largement soutenus, comme de nombreuses sociétés de gestion, par le FNA, qui a participé aux levées de fonds de neuf véhicules en 2012 (voir les fiches annuaires de ces acteurs).

Retour confirmé des corporate

Parmi les autres acteurs dont l’activité augmente, comme celle des entrepreneurs-investisseurs, les corporate ont confirmé en 2012 leur retour, via des fonds directs ou par le biais de sociétés de gestion existantes, en termes d’investissements mais surtout de levées de fonds. Iris Capital a ainsi commencé à investir les fonds Orange / Publicis, notamment en France (YouScribe, V3D, Delfmems, BuyBox…). C’est également le cas d’Ecomobilité Ventures (SNCF, Total, Orange) qui a réalisé ses trois premières opérations dont les français Ez-Wheel et Zilok Auto, de Demeter (Suez Environnement, Air Liquide…) qui se lance dans l’amorçage, d’Innovacom qui repart avec le soutien notamment d’Alcatel-Lucent, Orange, SEB et Soitec ou encore d’Electranova Capital (EDF) géré par Idinvest. A noter que les fonds étrangers sont particulièrement présents dans les sociétés plus matures, déjà bénéficiaires (capital-développement).

Sensee, plus gros tour avec 17,5 M€

En capital-risque uniquement, les principaux tours de table ont été ceux de l’opticien en ligne Sensee (17,5 M€ d’Idinvest, Orkos et Partech), de la biopharma Poxel (13 M€ d’Edrip, Innobio et Omnes) et de la biotech Txcell (12,4 M€ d’Innobio, Seventure, Auriga), suivis de Exosun, LDR Medical, McPhy Energy, Sigfox, Delfmems, La Fourchette et Pharnext (retrouver le tableau dans le PDF ci-dessous).

Les deuxièmes et troisièmes tours réunissent plus de 60 % des montants

Au niveau des stades d’investissements, l’amorçage reste stable en valeur mais recule en nombre d’opérations alors que les premiers tours connaissent une situation inverse. A noter une progression de 23 % des investissements en deuxième tour, même si le nombre de sociétés financées à ce stade semble se tasser. Au total, plus de 60 % des montants investis en capital risque sont allés dans des deuxième tours et suivants. “Il y a une tendance des fonds à se diriger de plus en plus vers des sociétés plus matures. Et celle-ci va de pair avec la montée des réinvestissements, due sans doute à un ‘effet crise’ “, remarque Sabine Fillias.

Internet toujours devant la santé

xange_hschricke_smallLes biotech et surtout les produits pharmaceutiques et matériels médicaux ont été particulièrement soutenus par les investisseurs et représentent désormais près de 25 % des montants. Internet reste le secteur le plus prisé, en recul cependant, à plus de 26 % des sommes investies. Parmi les principaux secteurs, les logiciels et services informatiques voient également leur poids diminuer, à 14,4 %. “Nous voyons toujours un deal flow de qualité. Certains domaines nouveaux se développent, comme la consommation collaborative ou le machine to machine. Il y a un mouvement du venture pour accompagner assez tôt ces sociétés innovantes qui apportent une vraie rupture de nature à bouleverser un marché”, souligne Hervé Schricke (photo ci-contre) dont la société de gestion XAnge s’est montrée plus active en 2012, grâce à un premier closing en début d’année de son FCPR Capital 2 (lire ci-dessous).

Le pouvoir davantage dans les mains des financiers

Même si les sociétés positionnées sur des secteurs innovants attirent certains VCs, le contexte économique toujours morose devrait encourager les investisseurs à consacrer une part croissante de leurs ressources, qui ont tendance à se raréfier, aux réinvestissements. “La compétition se fait plus forte entre les entreprises pour lever des fonds, notamment à l’intérieur des portefeuilles. Le pouvoir est de moins en moins dans les mains des entrepreneurs que des financiers“, résume Sabine Fillias.

Vendée. Basée à Fontenay, Tracers lance son code-barre intelligent

Cette entreprise a inventé un système visuel qui permet de détecter toute rupture de la chaîne du froid. Un badge qui devrait révolutionner le transport, selon ses concepteurs.

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Comment être certain qu’un produit – qui doit être conservé à température froide ou négative – le reste quand il voyage ? Surtout si le point de chute est éloigné ? Tracers Technology a trouvé la solution. Elle a la dimension d’une carte de crédit et comporte des codes-barres, mais ceux-là sont « intelligents ». Etalonné à la température voulue, le badge voyage avec le produit, collé à l’emballage. En cas de rupture de la chaîne du froid, on ne peut plus lire un des codes-barres, il y a donc eu un problème. Ce badge « archive tout et en temps réel ». Il révélera, à quel moment, il y a eu dysfonctionnement.

Cette invention brevetée, mise au point par Tracers Technology, devrait « révolutionner le monde », d’après ses concepteurs : Jean-Pierre Viguié, le responsable recherche et développement, et Olivier Rayant, président.

Révolution ? Parce que jusqu’ici, on a des « contrôles électroniques, mais moins performants que notre badge qui est un système de reconnaissance visuel », explique Jean-Pierre Viguié. Par son prix, « parce qu’il est dix fois moins cher que les systèmes existants ». Parce que cette sorte de mouchard thermique « pourrait bien soulever quelques surprises » et bousculer certaines habitudes.

À l’assaut du marché

Le badge se destine aux produits agroalimentaires et à des produits liés à la santé (vaccins et autres). En période de certification, il se lance sur le marché « mondial ». « Nous venons d’embaucher une directrice export, un directeur marketing et commercial. On va bientôt recruter un directeur technique. On envisage d’avoir une dizaine de salariés sur les machines », annonce Olivier Rayant.

Une machine prototype fabrique 1 500 à 2 000 badges par jour, mais le but est de passer de l’échelle expérimentale à l’industrielle très rapidement. Et le marché est immense : « Par jour, en France, 62 000 tonnes de produits alimentaires sont transportées dans des camions frigo, un million de tonnes dans le monde. Sur les 22 000 produits pharmaceutiques livrés par jour dans l’hexagone, un tiers est soumis à un contrôle température. »

« L’hygiène et la traçabilité des produits vont devenir une des préoccupations des fabricants. Un système comme le nôtre valorisera les entreprises sérieuses. » Du producteur à l’entreposeur, en passant par le transporteur. « Il générera un capital confiance aux professionnels qui l’utilisent », vante Olivier Rayant.

Un investisseur vient d’engager « 250 000 € » dans l’entreprise. Starquest capital, représenté par Emmanuel Gaudé, assure « son accompagnement dans la durée ». Il vient de découvrir Fontenay-le-Comte, les locaux de Tracers Technology situés face à la Cavac, dans l’atelier d’un ancien grossiste en matériel électrique. C’est par le réseau Entreprendre en Vendée que Tracers s’est installé ici.

Communiqué de Presse – Starquest Capital ne connaît pas la crise

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Dans un contexte législatif instable et alors que plusieurs fonds annoncent une baisse de leur collecte, les performances de Starquest Capital en termes de fonds sous gestion et de nombre d’investissements sont en forte hausse sur l’année 2012.

Sur le cœur du segment du Capital Risque (investissements dans la tranche de 300 à 800 K€), Starquest Capital s’est imposé comme l’acteur de référence en France, avec une approche résolument tournée vers des prises de risques assumées et une recherche active de plus-values, pour servir à ses souscripteurs une plus-value indépendante de leurs avantages fiscaux.

Starquest est convaincue que les crises sont avant tout des zones d’opportunités pour des acteurs qui accélèrent quand tout le monde freine, et s’inscrit dans une optique de forte croissance de son activité en 2013.

Le succès d’une approche différente

“Investir en entrepreneurs et non en financiers” et « miser sur l’homme plutôt que sur l’Excel » sont des principes qui fondent le succès de Starquest depuis sa création en 2008. Un succès qui s’accélère en 2012, alors que de nombreuses structures de capital-risque signalent une baisse significative de leur collecte. Starquest bat, comme chaque année depuis sa création, son record de souscriptions qui ont progressé de 61 % en 2012.

Une position incontournable dans le financement des secteurs innovants

Starquest Capital confirme son statut d’acteur parmi les plus actifs du capital risque français avec une trentaine d’investissements en 2012.

La société, créée par Arnaud Delattre et Emmanuel Gaudé, continue d’investir sur des thèmes porteurs d’avenir et de croissance, tels que l’efficience énergétique, la sécurité informatique, le Marketing Web… Les critères de sélection essentiels restant la qualité entrepreneuriale du dirigeant et l’intensité de la rupture technologique ou de l’approche commerciale. C’est ainsi que Starquest a renforcé son soutien à Neolux (solutions d’éclairage à base de LED), a investi dans Biofluides (récupération de calories sur eaux grises), Visimmo 3D (salons virtuels), Newscape (modélisations 3D), Vodeclic (e-learning),Tracers Technology (traçabilité sur chaîne du froid), ou encore dans Agora Pulse (solutions CRM sur réseaux sociaux).

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Starquest-Capital
Site web : www.starquest-capital.com
Blog : www.blog.starquest-capital.com
Twitter : @Starquest_K
Facebook : www.facebook.com/StarquestCapital

 

Pourquoi il faut créer son entreprise et en France, et en 2013

Soyons clairs : si vous avez des amis qui vous conseillent de ne surtout pas créer une entreprise cette année, ne-les-écoutez-pas !

2013, c’est avant tout l’année où il ne faut pas avoir à vendre son entreprise, car  après de multiples tergiversations, de (faux) espoirs et d’aller-retours, le texte finalement voté par les députés est assez proche de leur position initiale : une imposition sur les plus values à 42,5 %, si on est dans la bonne case, et pour les nombreux autres qui n’y seront pas, à plus de 60 %. Autrement dit, loin de la demande des entrepreneurs de les laisser créer de la richesse (et des emplois !) sans en être spoliés à la fin, et dont le coup de gueule avait été remarquablement médiatisé par le mouvement des Pigeons. Avant de dégraisser le mamouth on aura dégraissé et déplumé la volaille entrepreunariale.

En revanche, créer son entreprise en 2013 est tout à fait rationnel. Pour des raisons stratégiques d’abord :

1) En période de crise, vous aurez appris à survivre à gérer la pénurie, avec des budgets serrés et vous aurez appris à connaître la valeur d’un euro disponible sur votre compte en banque. Vous aurez acquis de bons réflexes de gestion, cela vous rendra plus solide et plus à même de profiter de la reprise quand elle se présentera.
2) C’est en période de crise que tout le monde recherche les bonnes idées pour mieux gérer, optimiser ou réduire ses coûts. C’est souvent l’innovation qui permet d’y arriver. Alors si vous avez cette idée géniale, c’est un bon moment pour la confronter à un marché demandeur. C’est d’ailleurs en période de grande crise que sortent de grandes innovations, garantes des années de croissance à venir.
3) Puisque beaucoup reculent du fait de la crise, vous aurez moins de concurrents potentiels. C’est souvent un bon calcul de ne pas faire comme les autres. Le succès sourit autant aux audacieux qu’aux visionnaires.

4) Il est plus facile d’émerger de la pile de dossiers d’un fonds d’investissement ou de business angels quand celle-ci est moins fournie !! Moins il y a de candidats, comme c’est souvent le cas en période de crise, plus vous augmentez mécaniquement votre chance d’être sélectionné.

Pour des raisons tactiques ensuite :

1) Quand le balancier va trop loin dans un sens, il finit bien par repartir dans l’autre. Ainsi, à trop tirer sur la fiscalité devenue confiscatoire, il y a fort à parier qu’il y aura un retour à des taux d’imposition plus raisonnables (soit du fait de ce gouvernement à la lumière d’une conjoncture meilleure, ou par pragmatisme, soit du fait de l’alternance qui interviendra forcément un jour). C’est peut-être le temps qu’il vous faudra pour atteindre une taille suffisante afin d’attiser la convoitise d’un acquéreur potentiel, si vous souhaitez vendre ou vous adosser.

2) La crise va bien passer à un moment ou à un autre. Il y aura alors plus d’acquéreurs et plus de fonds disponibles pour acheter une cible attirante quand la crise sera terminée et que tous les analystes prédiront un avenir radieux.

Bien sûr il y a les impondérables, qu’on soit en crise ou non. Vous aurez droit à la visite traditionnelle de l’administration fiscale qui finira bien par trouver quelque chose à vous reprocher et vous reprendra un peu des aides dont vous avez pu bénéficier après avoir passé tant de mois à les obtenir. Vous aurez du mal à lire de l’admiration dans le regard de ceux qui ne savent pas ce que vous vivrez au quotidien : privations, stress, risque financier et familial… Vous savez qu’en cas d’échec vous vous retrouverez tout seul. Et si vous avez le “malheur” de réussir, de vous enrichir, vous passerez du statut de profiteur à celui de nanti.

Mais si vous acceptez tout cela, alors vous  verrez que l’aventure de la création vaut le coup et que la France peut offrir d’énormes opportunités qu’il faut savoir saisir. Même en temps de crise.

Emmanuel Gaudé

Plus-values : Messieurs les députés, écoutez les entrepreneurs avant de voter !

Dans cet article paru sur economiematin.fr, Emmanuel Gaudé met en garde le gouvernement contre les biais qu’il décèle dans le Projet de loi de Finances du gouvernement.

Les députés examinent aujourd’hui vendredi 19 octobre les mesures de taxation des plus-values de cessions de parts d’entreprises, prévues dans le projet de loi de finances. [...]

Dans la dernière ligne droite, des entrepreneurs reconnus et des patrons de fonds d’investissement nous ont transmis un appel… à la raison et au bon sens, à destination des députés qui vont voter les mesures fiscales proposées par le gouvernement, et que refusent l’ensemble des représentants des entrepreneurs. [...]

Jean-David Chamboredon

Jean-David Chamboredon, Président-Executif ISAI Gestion, le fonds des entrepreneurs internet et porte-parole des #geonpi.

“La définition fiscale du créateur d’entreprise est, comme toute définition basée sur de multiples seuils, durée et période, arbitraire. Peut-être couvre-t-elle 80-85% mais les 15-20% qui ne “qualifieront” pas seront souvent issus des projets les plus risqués ou les plus ambitieux. C’est une définition qui aurait pu être valide en 1950, elle est d’ores et déjà obsolète, injuste et génératrice de désalignements dont les PME de croissance n’ont pas besoin ! 
Les grands oubliés des amendements proposés par le gouvernement sont les “business angel” et les salariés actionnaires. Concernant les premiers, les conséquences sont immédiates : il y a plusieurs centaines de start-ups technologiques qui ne survivront pas durant 2013 faute d’avoir trouvé le financement nécessaire… Qu’il s’agisse d’un abattement forfaitaire significatif après 1-2 ans de détention ou d’une capacité à ré-investir avec une exonération, nous ne comprenons pas que le gouvernement n’ait pas entendu les Pigeons sur le rôle vital que jouent les business angels. Il faut raisonner de façon écosystémique. On n’a pas le droit d’acculer des centaines de jeunes entrepreneurs de cette façon (faillite, exode,…). La reforme proposée est bien trop fondamentale et violente pour être improvisée comme elle l’a été…”

Denis PayreDenis Payre, fondateur de Business Objects en 1990, de Kiala en 2000, meilleur entrepreneur de l’année 1996 pour Business Week avec Steve Jobs et Steven Spielberg, cofondateur de Croissance Plus en 1997.

Nous avons maintenant une belle définition bien technocratique de ce qu’est un entrepreneur… par des gens qui n’ont jamais travaillé dans une entreprise de leur vie. Une belle usine à gaz de plus qui laisse de côté bon nombre de situations entrepreneuriales, va créer des comportements aberrants et contraires à l’intérêt social de l’entreprise et à ceux des employés pour rester dans les critères, et laisse complètement de côté le rôle pourtant vital des business angels déjà assommés eux aussi par un ISF plus confiscatoire que jamais… sauf à acheter des œuvres d’art. Nos valeurs sont à l’envers : on encourage le passé au détriment de l’avenir de nos enfants. Le vrai sujet est de se demander pourquoi l’Etat a besoin de lever tant d’impôt. Si la France était gérée comme l’Allemagne qui n’est pas sous-administrée, elle dépenserait 200 milliards d’euros de moins chaque année, le budget de l’Etat serait excédentaire, le gouvernement ne se croirait pas obligé d’écraser d’impôts et de démotiver les professionnels de la création d’emplois et de génération de flux fiscaux et sociaux. Quand l’effort n’est pas réparti équitablement, le sentiment d’injustice est grand et la cohésion sociale est menacée“.

Emmanuel GaudéEmmanuel Gaudé, cofondateur du fonds Starquest Capital, qui investit au capital de dizaines de PME françaises.

“Pour ne pas perdre la face, le gouvernement a choisi de monter une usine à gaz. La conséquence, c’est qu’ils vont planter un pieu dans l’écosystème déjà très fragile entre les investisseurs qui financent les PME, et les entrepreneurs, puisque l’on va créer une différence entre les deux fiscalement. Pire que ça encore : ces mesures, si elles sont votées, vont créer un biais au sein de l’entreprise, entre l’entrepreneur fondateur, et ses salariés qui sont tout aussi importants, et qui sont souvent intéressés au capital ! Ils sont souvent pour ne pas dire toujours des éléments clefs que l’on ne peut pas payer autrement que par du capital. Or, avec ces mesures, comme ils détiendront forcément moins de 10 % du capital, eux seront taxés comme les investisseurs de manière confiscatoire. Comment dans ces conditions convaincre quelqu’un de prendre des risques, de quitter un job confortable dans un grand groupe, de craindre toutes les fins de mois de ne pas être payé car la boîte, comme toujours, met du temps à décoller, de travailler plus dur, tout cela pour que la majorité de la richesses qu’il aura contribué à créer, (si tout marche !) et qui n’est que du salaire différé, parte à l’Etat ? On fragilise de ce fait les PME qui ne pourront pas, plus, attirer et recruter les talents dont elles ont besoin. Ces mesures fiscales vont empêcher les start-up de se développer, les empêcher de créer de l’emploi, et cela se fera au final au détriment de tous. L’entrepreneurariat est trop sérieux pour laisser cela aux mains des politiques !”